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Enfants, ados et adultes à haut potentiel (HP)
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JSF, l'adulte surdoué


Témoignages d'adultes doués ou surdoués

anonymes, pêchés ici et là sur le net, dans le seul but de permettre à d'autres de s'y reconnaître.

Cela fait plusieurs jours que je m’attarde sur ce site découvert par hasard, à la fois extrêmement curieuse et détachée.

C’est drôle comme je suis à la fois curieuse de ce que j’ai été, puisque je me reconnais effectivement dans ce qu’écrit Arielle ADDA, et détachée.
Détachée ? Peut-être parce que je n’ai été interpellée que très tard, déjà adulte, par une phrase dite par hasard par mon père lors d’un repas de famille, comme un secret de famille sur lequel on ne s’attarde pas « tes institutrices étaient persuadées que tu étais surdouée » et qui pourtant déchirait un coin du voile de mon histoire et de notre histoire familiale.

J’ai peu de souvenirs de ma petite enfance.

Petite, je me souviens surtout d’avoir été une observatrice, de peu d’autres choses.
Je me souviens vaguement d’institutrices qui m’ont soit adulées, soit détestée mais sans que je ne comprenne pourquoi, à peine consciente du cocon mental duquel il me répugnait que l’on me tire.
Il paraît que j’étais extrêmement soigneuse et attentive au CP quand tous les autres enfants paraissaient brouillons et agités, je me souviens que faire la sieste me semblait du temps perdu mais qu’il fallait faire comme tout le monde, que l’on m’avait demandé d’aider un jeune garçon plus âgé qui venait d’arriver en France, à moi-même arrivée en France à l’âge où les enfants commencent déjà à maîtriser leur langue maternelle.
J’avais le droit de dessiner sans faire de bruit sur mes cahiers au CE1 pendant que les autres terminaient leurs exercices.
L’institutrice du CE2 essayait gentiment de me retenir quand j’essayais de réciter d’une traite les 2 pages de poésie dont elle n’avait donné que 2 strophes à apprendre à la classe (c’était tellement beau la poésie, ce jeu des sonorités !).
Je me souviens m’être ennuyée, avoir été cataloguée dans les rêveuses et les distraites irréprochables puisque par ailleurs, mes notes étaient excellentes (toujours 2ème ou 3ème, sauf dans les quelques matières où la passion l’emportait : biologie, histoire, français).
Je me souviens avoir découvert avec délectation en CM1 la bibliothèque de l’école et d’avoir négocié des emprunts de livres avec les grandes du CM2.
Même pas ado, je me souviens avoir eu une passion pour l’écriture et avoir donc échangé des lettres sur tout, sur rien avec mon arrière-grand-mère et surtout mon grand-père.
Celui-ci, médecin, prédisait fièrement à mes parents que je ferai hypokhâgne et khâgne (je ne savais pas trop ce que cela signifiait, mais j’ai bien fait hypokhâgne même si j’ai bifurqué avant khâgne). Je garde toujours une relation privilégiée, un peu distante et respectueuse avec ce grand-père désavoué par mes parents.
Je me souviens, gamine, de la seule punition que ne m’ait jamais infligée ma mère : ne pas lire pendant une semaine, punition que j’avais trouvé un peu sadique (mes frères et sœurs étaient eux privés de télé et de dessert) mais que j’avais respectée mortifiée.
Je me souviens aller chercher toute seule mon lot de livres à la bibliothèque municipale, finissant par trouver les encyclopédies ennuyeuses et la bibliothèque familiale pas assez diversifiée, passant sans choc de la « Bibliothèque Verte » à Hemingway ou Steinbeck.

Je me rappelle qu’avant d’aller chercher une réponse dans un dictionnaire ou une encyclopédie, mes parents ou mes frères et sœurs venaient d’abord, par paresse, me poser leur question, se demandant à chaque fois où et quand j’avais bien pu apprendre tout cela (d’ailleurs je me le demandais souvent).
Je me souviens de la réponse de mes parents à certains instituteurs et professeurs qui s’inquiétaient de me trouver si discrète et se demandaient si je ne peinais pas trop pour faire mes devoirs car j’avais la mine souvent fatiguée: « Vous plaisantez, nous ne la voyons jamais travailler ! » (en fait, je bouquinais assez tard avec une lampe de poche sous ma couette quand tout le monde dormait, seul moment de tranquillité assurée, du coup, bien sûr, je suis sacrément myope !)
Je me souviens avoir présenté en 4ème et 2nde à des professeurs de math perplexes des solutions curieuses mais justes à des exercices de géométrie (je détestais tellement l’algèbre, apprendre des formules…).
Je me souviens d’une dissertation en français en 1ère notée brillamment avec un commentaire en marge « Avez-vous vraiment lu tous les livres que vous avez cités ? », commentaire que j’avais trouvé un peu vachard puisque la réponse était « bien sûr ».
Le conseil de classe avait décidé de me faire redoubler ma première scientifique (j’étais tellement mauvaise en math même avec des cours de soutien) au grand damne de mes professeurs de français et d’histoire: j’étais de la fin de l’année, ce n’était pas un drame.
Mais, suite à la suggestion de la mère d’une amie qui, mieux que mes parents, devina que je m’ennuierai, à la fin de mon redoublement, discrètement, je préparais et passais sans problème un bac littéraire en candidature individuelle.
L’année suivante, j’ai bien sûr obtenu un bac scientifique avec un… 3 en math (quand on n’aime pas les maths…), toutes les autres matières (la philo bien sûr, l’histoire et… la physique) ayant largement compensé cette note catastrophique et prévisible.

Je me rappelle qu’apprendre a toujours été un énorme plaisir (sauf l’algèbre mais qu’on ne parle pas de logique ici puisque j’ai eu des « meilleures notes » en philo).
Je me rappelle que je me suis effectivement sentie seule pendant presque toute ma scolarité et qu’en primaire et au collège, je passais beaucoup de temps dans les toilettes pour faire passer les récréations plus vite.
Je me souviens de cette hyper-conscience de moi-même que je ressentais comme une malédiction, presque nauséeuse de ce malaise incompréhensible qui me complexait par rapport aux autres mais aussi par rapport à mes frères et sœurs tellement plus spontanés et insouciants.
Je me souviens avoir toujours entendu dire que j’étais hyper émotive (et idéaliste !)… et ai vaguement eu l’impression d’avoir reçu si peu de tendresse, de ma mère surtout pour qui, peut-être parce que j’étais « l’intello », réservais ses marques de tendresse et d’estime à mon frère aîné moins facile mais aussi moins favorisé (nous avons très peu d’écart d’âge).
Si peu de soutien, si peu de compliments aussi… Il a fallu que je rencontre quelques personnes sur mon chemin pour m’apercevoir qu’en dehors d’une « certaine » rapidité d’esprit, j’avais aussi des qualités, comme tout le monde…

J’ai conscience que, grâce à une excellente mémoire (ai-je bien réussi à mettre en place ma propre méthodologie moi qui ai vite compris que j’avais davantage une mémoire visuelle qu’auditive), j’ai pu faire des études supérieures intéressantes et apprendre couramment 3 langues dont 2 réputées difficiles en étant relativement paresseuse…

Je me souviens de mes années de petits boulots et d’errements professionnels (et de presque misère financière) pendant lesquelles j’ai vraiment désespéré de trouver ce qui pourrait me motiver dans un métier particulier. En effet, la routine et les disfonctionnements vite détectés des processus avec lesquels je travaillais devenaient vite insupportables (« Tu ne peux pas faire la révolution » s’est exclamé un jour un supérieur).

Mais progressivement, la sécurité financière est quand même venue, avec elle, une certaine sérénité. L’humour s’est développé tout seul, juste révélé pendant mes études supérieures loin de la maison, comme une surprise à moi-même. Les amitiés aussi, choisies et partagées. Je me suis réconciliée tout doucement avec moi-même.

Enfin, ce n’est que récemment, grâce enfin à une reconversion recherchée que j’ai pu trouver un boulot à peu près stimulant intellectuellement (je travaille dans le conseil et quand il n’y a pas de travail, il y a… Internet, merveille des merveilles !). Une société où je végète un peu, je l’avoue, depuis plus de 3 ans malgré le « Haut potentiel » inscrit sur mon dossier de recrutement et les « bonnes idées » des mes évaluations. Je m’exprime plus volontiers et explose de temps en temps (pour le plaisir aussi quelques fois). Mais peu importe.

Sinon, j’ai trouvé mon compagnon rêvé : de l’humour, vif, intelligent, équilibré, tendre (même si j’ai du mal à ne pas le bousculer de temps en temps),… sauf qu’il ne veut plus jouer au scrabble.

Pour le reste, j’ai définitivement décidé de rester discrète, de rester en « veille », trop heureuse peut-être d’avoir atteint cet état de relatif bonheur que je n’espérais pas et dont semblent bénéficier les retraités EIP, sans plus d’ambition que cela. Si, une ambition, accompagner du mieux que possible ce petit bout aux yeux vifs et rieurs qui paraît déjà si éveillé et à qui je répète tous les jours qu’il fait notre fierté.

Il me reste quand même une amertume aujourd’hui face au déni de mes parents… Même si j’ai eu une enfance au final relativement heureuse (le conte du vilain petit canard enseigne très tôt le stoïcisme aux jeunes enfants), j’ai l’impression d’avoir dormi pendant une grand partie de mon enfance et de mon adolescence, intellectuellement et… affectivement...

Amertume de tous ces non-dits dans lesquels mes parents se sont finalement un peu isolé .

Amertume du gâchis de la scolarité totalement ratée de ce jeune frère aîné, complice malgré tout, qui m’a confié si tard, trop tard, qu’il avait toujours été complexé, par moi, étonnée, qui me sentait si mal… et m’en cachais… toujours dans la lune…
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